
Interview de Ahmed Galaï, prix Nobel de la Paix
À vingt ans, Ahmed Galaï est animé par des idéaux révolutionnaires, il a admiré des figures historiques, allant jusqu’à valoriser Staline, avant de découvrir ses crimes et de remettre en cause cet engagement. Il reconnaît la puissance des illusions de jeunesse, nourries par des lectures et des idéologies, qui donnent du sens mais peuvent aveugler. Longtemps, il a cru pouvoir aimer et comprendre tout le monde, transformer les autres par altruisme et tolérance. Avec le temps, il découvre les limites de cette vision face à un monde parfois dur, opportuniste et violent. Il abandonne une part de naïveté sans renoncer à ses valeurs humanistes, cherchant un équilibre entre lucidité et espoir. Il affirme pouvoir changer d’avis par humilité, face à des arguments solides, dans une logique d’apprentissage et d’adaptation. Changer d’avis est pour lui une preuve d’intelligence, de dialogue et de respect, essentielle en démocratie. Il s’inquiète fortement de la manipulation de l’information, dominée par les médias, les puissances économiques et les technologies modernes. Selon lui, la surinformation mène à la désinformation, banalise la violence et affaiblit l’esprit critique et l’empathie. Enfin, il considère que la démocratie et le droit international, autrefois perçus comme solides, apparaissent aujourd’hui fragilisés, voire illusoires, face aux dérives politiques, aux manipulations et aux rapports de force mondiaux.








