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Manifeste

Pourquoi Recbook est différent

Recbook n'est pas un réseau social comme les autres. Chaque fonctionnalité a été conçue à partir de la recherche scientifique sur le comportement en ligne, la psychologie cognitive et le design prosocial. Cette page explique le pourquoi de chaque choix de conception.

Le problème des réseaux sociaux classiques

Les grandes plateformes sociales (Facebook, Twitter/X, Instagram) sont conçues pour maximiser le temps passé sur l'application, pas pour favoriser des échanges de qualité. Leurs algorithmes amplifient le contenu qui génère des réactions émotionnelles fortes — indignation, colère, peur — parce que ce contenu retient l'attention.

Une méta-analyse publiée dans Trends in Cognitive Sciences (2024) identifie trois racines de la toxicité en ligne : les normes sociales perçues (on pense que tout le monde est agressif), les architectures de choix (design qui pousse à l'impulsivité) et les dynamiques de groupe (polarisation par les bulles de filtre). Recbook s'attaque à ces trois racines.

Avant de participer à Recbook, chaque membre signe une charte en 5 points. Ce n'est pas une formalité administrative — c'est un nudge comportemental validé scientifiquement.

Une étude sur 4 081 participants (PNAS Nexus, 2024) a testé l'efficacité de différentes interventions pour promouvoir le discours civil en ligne. Les commitment pledges (engagements explicites) se sont révélés parmi les plus efficaces. Le mécanisme est simple : quand on s'engage publiquement à respecter des règles, la dissonance cognitive rend plus coûteux de les violer.

La charte Recbook demande de cocher chaque point individuellement (pas un simple « J'accepte tout »), ce qui force une lecture attentive et renforce l'engagement.

Après avoir cliqué « Publier », votre message s'affiche en prévisualisation pendant 5 secondes. Vous pouvez le modifier ou l'annuler.

La majorité des commentaires toxiques en ligne sont des réactions impulsives. Une étude de l'USC Dornsife (2023) montre que les utilisateurs des réseaux sociaux partagent du contenu « sans réfléchir » à cause de la boucle addictive des plateformes : notification → réaction → récompense → notification.

En psychologie cognitive, on distingue le système 1 (rapide, automatique, émotionnel) du système 2 (lent, délibéré, rationnel). Le délai de 5 secondes suffit à réactiver le système 2. C'est ce que les chercheurs appellent la friction bénéfique dans le design social — un concept identifié par Nature Human Behaviour (2025) comme l'une des interventions les plus prometteuses.

Sur les réseaux classiques, seul le « like » existe. Cela crée un système où les opinions populaires sont récompensées, pas les arguments de qualité. Si 100 personnes « aiment » un commentaire simpliste et 5 personnes apprécient une réponse nuancée, c'est le commentaire simpliste qui monte.

Recbook introduit le bouton « Respect » : il signifie « c'est un argument de qualité, même si je ne suis pas d'accord ». C'est un signal fondamentalement différent du « like ».

Les commentaires les plus « respectés » remontent en haut du fil. Ce tri par qualité plutôt que par popularité est recommandé par le Prosocial Design Network comme l'une des interventions les plus efficaces pour améliorer la qualité des discussions en ligne.

De plus, les compteurs de réactions sont privés : seul l'auteur voit combien de réactions il a reçues. Cela évite la course aux likes et la pression sociale du conformisme.

Recbook a été conçu autant par ce qu'il ne fait pas que par ce qu'il fait. Voici les fonctionnalités que nous avons délibérément omises :

Pas de scroll infini

Le fil s'arrête après 20 posts par page. Le scroll infini est un mécanisme addictif documenté par le Center for Humane Technology : il exploite le biais de « variable reward » (récompense variable) pour maintenir l'attention. Sur Recbook, vous décidez consciemment de charger la page suivante.

Pas de compteur de followers

Tous les membres sont égaux. Les hiérarchies de popularité favorisent le conformisme et découragent les opinions minoritaires. Sur Recbook, un argument est jugé sur sa qualité, pas sur la popularité de son auteur.

Pas de notifications push en temps réel

Les notifications push créent une urgence artificielle qui nuit à la réflexion. Elles exploitent le circuit de la dopamine pour ramener l'utilisateur sur la plateforme. Sur Recbook, vous venez quand vous le décidez.

Pas d'algorithme de recommandation

Le fil est strictement chronologique. Les algorithmes de recommandation créent des bulles de filtre et amplifient le contenu polarisant. Brookings (2022) recommande explicitement de réduire l'amplification algorithmique pour diminuer la polarisation.

En haut de chaque fil de discussion, un message rappelle une norme positive :

« Sur cet espace, la majorité des échanges sont constructifs. Merci de contribuer à maintenir cette qualité. »

Ce n'est pas de la morale. C'est de la science. Les normes descriptives (« la plupart des gens font X ») sont plus puissantes que les normes injonctives (« vous devez faire X ») pour influencer le comportement. C'est un résultat robuste en psychologie sociale, confirmé dans le contexte numérique.

L'étude PNAS Nexus (2024) sur 4 081 participants a démontré que rappeler aux gens que la majorité se comporte bien est l'une des interventions les plus efficaces pour promouvoir le discours civil en ligne. Le mécanisme : quand on croit que la norme est la civilité, on se conforme à cette norme.

Quand une discussion devient particulièrement animée (beaucoup de signalements, échanges rapides), Recbook affiche un écran d'apaisement avant de vous laisser répondre. Cet écran impose un délai de 3 secondes et rappelle les bonnes pratiques du débat.

Ce mécanisme s'inspire directement de la recherche sur la friction contextuelle : l'idée que le niveau de friction doit être proportionnel au risque de comportement négatif. Dans un fil calme, aucune friction supplémentaire. Dans un fil tendu, une pause forcée.

Nature Human Behaviour (2025) identifie cette approche comme particulièrement prometteuse car elle ne pénalise pas les utilisateurs qui se comportent bien dans les discussions calmes, tout en protégeant la qualité des échanges dans les moments critiques.

Les images et vidéos sont de puissants vecteurs de communication, mais aussi de désinformation. Sur Recbook, les médias visuels sont encadrés par plusieurs principes :

Le truthiness effect (Newman et al., 2012) démontre qu'une simple image décorative rend une affirmation fausse plus crédible, car elle augmente la "fluence de traitement" cognitive. Autrement dit, quand quelque chose est facile à visualiser, notre cerveau le juge plus vrai. C'est pourquoi chaque image sur Recbook doit être accompagnée d'une description textuelle obligatoire (alt text) : cela force l'auteur à réfléchir à ce que l'image apporte réellement au propos.

Une étude de Yang et al. (2023) dans le Journal of Communication a révélé que 23% des posts contenant des images sur Facebook véhiculent de la désinformation. Les vidéos ne se lancent qu'au clic (pas d'autoplay), car l'autoplay est un dark pattern documenté qui capte l'attention sans consentement. Un rappel de vérification de source s'affiche quand une image est jointe.

Un espace d'échange qui prétend promouvoir la pensée critique pour tous ne peut pas exclure certaines personnes. C'est pourquoi Recbook respecte les normes WCAG 2.1 niveau AA, le standard international d'accessibilité numérique.

Concrètement, cela signifie que tous les éléments interactifs sont accessibles au clavier, que les icônes décoratives sont masquées pour les lecteurs d'écran, que les formulaires ont des labels explicites, et que les images ont des descriptions textuelles.

L'alt text obligatoire sur les images sert un double objectif : lutter contre le truthiness effect (principe 7) et permettre aux personnes malvoyantes de comprendre le contenu visuel. C'est un exemple de design où éthique et accessibilité convergent.

Un réseau social est un choix de société

Les réseaux sociaux ne sont pas neutres. Leur architecture influence profondément la façon dont nous pensons, débattons et vivons ensemble. Chaque bouton, chaque notification, chaque algorithme est un choix de design qui a des conséquences sur le comportement de millions de personnes.

Recbook fait le choix inverse des grandes plateformes : au lieu de maximiser le temps passé, nous cherchons à maximiser la qualité des échanges. Au lieu d'exploiter les biais cognitifs, nous les prenons en compte pour les contrebalancer.

C'est un projet en constante évolution, guidé par la recherche scientifique et les retours de la communauté. Si vous avez des suggestions, n'hésitez pas à les partager sur l'Agora.

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